Quoi ?! Déjà ?! Oui, me revoilà déjà, et je vous préviens tout de suite : je ne suis pas super content. La faute à de malencontreux concours de circonstances qui m’ont un peu gâché mon printemps musical. Certes, on ne peut pas découvrir des concerts réjouissants et des albums audacieux toutes les semaines, certes j’ai quand même eu de très belles consolations, mais ces deux derniers mois n’ont quand même pas été super top à ce niveau. Bon, je vous raconte.

Brett Dennen - Loverboy

Lequel a commencé ? Je crois bien que c’est Brett Dennen qui le 12 avril, a sorti son “Loverboy” de pop tiédasse. Il faut dire que le précédent opus (“Hope for the hopeless”) m’avait déjà laissé un petit goût amer malgré quelques titres excellents mais trop rares. Avec “Loverboy” l’ami Brett s’éloigne encore un peu plus de la folk ensoleillée de ses débuts, et s’aventure même sur certains titres dans les zones nauséabondes d’une pop mainstream faisant passer Elton John pour un audacieux musicien roots-hardcore acoustique et minimaliste ! Qu’as-tu fait de ta guitare sèche et de ta fraîcheur d’adolescent Brett ?

Ben Harper - Give till it's gone

S’il y en a qui a également tourné la page de la musique folk de ses débuts, c’est bien Ben Harper. Enfin, à condition de considérer comme moi l’abum de son trio Fistful of Mercy comme une vaste parodie planante du pire de Stills, Crosby, Nash & Young. Admettons comme dirait l’autre. Pourtant, contrairement à Brett Dennen il faut bien reconnaître qu’avec “Give Till It’s Gone” sorti le 16 mai dernier, Ben Harper sort un 10ème album correct. Un album correct mais un album très rock, assez basique voire primaire qui efface malheureusement la belle voix de Ben l’interprète et le subtile jeu de guitare de Ben le musicien. Un opus dépourvu de vrais mélodies et d’inspirations, bref un disque malheureusement à des années-lumières de la magie de ses trois premiers albums.

Herman Dune - Strange Moosic

Après ces deux amères déceptions, tous mes espoirs se sont reportés sur le lundi 23 mai, jour de sortie de “Strange Moosic”, nouvelle galette du duo franco-suèdois Herman Dune. Il faut dire que s’il y a une musique qui a enchanté mes oreilles ces dernières années, c’est bien celle des deux derniers albums d’Herman Dune. Alors que j’étais passé à côté de leurs tout premiers disques, “Giant” et “Next Year In Zion” ont ensuite tourné en boucle à la maison. Avec “Strange Moosic”, le duo s’éloigne peut-être un peu de la folk caribéenne (ou un truc comme ça ?) mais creuse toujours le sillon d’une sublime folk à la stoïque mélancolie. Si certains textes et mélodies sont peut-être moins entêtantes que sur les deux précédents opus, si ce disque ne nous “scotche” pas autant que les deux autres, il n’en reste pas moins que ce “Strange Moosic” clôt joliment ce qui pourrait être une magnifique trilogie. [NB : et on suveille toujours de près la suite de l’aventure solo Stanley Brinks, nom de scène de l’ex-troisième larron d’Herman Dune]

Fin mai, la malédiction se confirme. Alors que je prévois d’aller à la soirée du vendredi 27 mai du festival Top Of The Folk (Siobhan Wilson, Montgomery et Troy Von Balthazar), et que je gagne même une place en répondant à un petit concours de la Blogothèque (merci !), mon torticolis latent se réveille et me fait comprendre qu’il faut vraiment que je reste au chaud à la maison plutôt que de passer la soirée à l’Aire Libre. Damned !

En juin, après avoir repris le “Hey Ya” de Outkast, Cocoon récidive dans la reprise folk d’un tube pop planétaire avec “American Boy” de la britannique Estelle. C’est frais et agréable certes, mais les reprises “décalées” de ce genre ne deviendraient-elles pas la nouvelle astuce marketing des maisons de disque pour lancer (ou relancer) un album qui peine à trouver sa place dans un marché du disque en pleine crise ? “Ma Benz” (NTM) repris par Brigitte, “Seven Nation Army” (White Stripes) et tant d’autres par Ben L’Oncle Soul, “Ain’t Got No” (Nina Simone) par Patrice, etc. etc. Ok, c’est pas nouveau, mais là ça commence à se voir…

Florent Marchet - Courchevel

Florent Marchet. La voilà la belle révélation scénique de ces dernières semaines ! Et pourtant, c’était mal parti. Tout heureux à l’idée d’aller voir Agnès Obel au festival Art Rock de St-Brieuc, je m’étais mis à mieux écouter “Courchevel”, dernier album de Florent Marchet qui devait assurer la 1ère partie de la danoise. Je le connaissais mal malgré un petit concert à emporter aperçu chez la Blogothèque, de très bons échos concernant l’album “Rio Baril”, et d’autres échos tout aussi excellents à propos de son passage au festival Mythos en avril. Mais patatra ! Le retour de la vengeance de la malédiction ! Agnès Obel préférant paraît-il récolter les fruits de son succès outre-Atlantique plutôt que d’honorer ses deux seules dates européennes, quelle ne fut pas ma déception en apprenant que son concert à St-Brieuc était donc annulé, et remplacé par la gentillette mais peu convaincante Zaza Fournier. Le sort s’acharne ! Après une courte hésitation, nous décidons avec ma chère-et-tendre de malgré tout aller voir ce que donne le petit Florent Marchet… Quelle riche idée nous avons eue ! Sur scène, le Marchet est attachant, ironique et drôle, ses textes sont évidemment aussi efficaces et décalés que sur disque, mais ce qui change c’est que le Marchet est aussi bouillonnant, bondissant, percutant et qu’en se balançant énergiquement au dessus de son clavier il “envoie du son” malgré un public assis et passif dans un théâtre peu propice aux échanges chaleureux d’un concert “qui bouge”. Toujours est-il que les deux ou trois rappels et standing ovations de la fin du set ont montré que l’artiste avait su briser la glace, et que le public avait apprécié. Rassasiés, de peur que Zaza Fournier gâche un peu notre plaisir, nous nous sommes éclipsés, heureux. Une fois rentrés, j’ai téléchargé “Courchevel” sur AmazonMP3, qui depuis passe aussi en boucle à la maison.

Puisque j’en suis aux concerts, celui d’après aurait pu être celui de Syd Matters à l’Opéra de Rennes dans le cadre du festival des Tombées de la Nuit. Celui de JP Nataf l’année dernière, dans la même salle, m’avait tellement plu que même si je ne suis pas autant “fan” de Syd Matters, je suis persuadé que leur musique a parfaitement collée à l’esprit des lieux. C’aurait été l’assurance de passer un beau moment. Malheureusement, à cause d’un empêchement personnel ça n’a pas été possible, et il faudra donc attendre début août pour retrouver les joies de la musique “live”, puisque je serai aux Escales de Saint-Nazaire le vendredi 5 août. Au programme de la soirée : Gilberto Gil, Titi Robin, Yael Naim, l’Orchestre National de Barbès, etc…

Pour finir, la rentrée sera comme toujours riches en nouveautés. J’attends les nouveaux albums (Tôt Ou Tard) de Piers Faccini (12/09) et Ben Howard (3/10). Faccini diffuse déjà son single “Tribe” depuis quelques jours sur toutes les bonnes radios, et Ben Howard a fait de même avec en prime un très beau clip. Toujours chez Tôt Ou Tard, on attend également des nouvelles de Vincent Delerm. Et puis côté concert il y a la soirée déjà réservée du 28 septembre, avec Miossec à l’Ubu (oui l’Ubu, oui Miossec !!!). Places déjà achetées, soigneusement pliées, mises sous coffre, le-dit coffre secrètement enterré dans le jardin !

Vivement la rentrée !… Nan j’déconne.

PS : Je ne peux plus retarder la publication de ce fabuleux billet réclamé par une foule en délire, mais j’enrage un peu car j’ai zappé la sortie du dernier Fink ! Rattrapage en septembre… ou pas.

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